Méthode LIBERFUMER

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Revenons au cœur de la méthode. Jeter 10 cigarettes par paquet pendant une semaine peut aussi ne pas être suffisant pour prendre la décision d’être sans réserve, alors vous continuez pendant une ou deux semaines, sinon vous passez à 11 jetées (vous en jetez 11 dès l’ouverture du paquet) puis 12 jetées  jusqu’à jeter 2 cigarettes pour 1 fumée (20 jetées pour 10 fumées, vous achetez un paquet de 30 cigarettes par exemple), puis 3 jetées pour 1 fumée (30 jetées pour 10 fumées, vous achetez deux paquets de 20 cigarettes par exemple) et ainsi de suite, pensez à ne pas trop brusquer la progression pour que la maturation ne soit pas trop forcée et provoque un rejet. 


Toute contrariété a ses limites, que ce soit en jetant 5, 10, 15 cigarettes ou plus par paquet, on finira un jour par prendre la décision d’être sans réserve de tabac du moment qu’on est constant dans la pratique de jeter. 


La décision se prendra presque sans effort comparé à l'effort violent de l’arrêt brutal, presque naturellement par l’effet du cumul cigarettes jetées, de celles à jeter si on continue de fumer et autres actions contre l’envie, soit vous jetez les cigarettes restantes du paquet en cours, soit vous le terminez et vous n’achetez pas le paquet suivant dans la foulée comme d’habitude, vous êtes alors sans réserve de tabac. 


Être sans réserve n’est pas un point de non retour, si c’est trop difficile, vous pouvez toujours revenir à la situation d’avant avec réserve et faire plus tard une nouvelle tentative sans réserve, cela autant de fois que nécessaire, ce qui rend la décision assez facile. Facile aussi relativement à la difficulté de la décision de l’arrêt brutal où l’on ne peut plus fumer à vie, là vous pourrez toujours fumer. 


Quand vous êtes sans réserve, il est prévisible que vous aurez envie de fumer, vous  résistez à une ou plusieurs envies, si une est irrésistible vous achetez un paquet et jetez autant de cigarettes qu’avant, si vous jetiez 10 cigarettes, vous continuez à en jeter 10 dès l’ouverture du paquet et pas plus pour éviter de trop brusquer la progression, vous fumez le reste puis vous êtes à nouveau sans réserve, à moins que, comme dit, ce soit trop difficile et vous reveniez à la situation avec réserve.  


Si vous êtes à nouveau sans réserve, il est aussi prévisible que vous aurez envie de fumer, vous résistez également à une ou plusieurs envies, si une est irrésistible vous achetez un paquet et jetez aussi 10 cigarettes si vous sentez qu’il faut encore un temps de maturation du projet d’arrêter, sinon vous jetez 11 cigarettes dès l’ouverture du paquet, et vous fumez le reste puis vous êtes à nouveau sans réserve, et ainsi de suite, vous augmentez ensuite à 12 les cigarettes jetées… 


La perspective de devoir toujours jeter beaucoup de cigarettes et de plus en plus pour fumer ne peut qu’incliner à résister aux envies et à les vaincre, il ne sera pas nécessaire d’arriver à l’extrémité de devoir jeter 19 cigarettes sur 20 pour la quasi-totalité des fumeurs ou pour tous.

 
Voyons maintenant l’envie. L’envie de fumer se manifeste par plusieurs réflexes : début spontané de la gestuelle pour chercher la cigarette ou pour tirer une bouffée, contraction spontanée des parties de l’organisme qui s’apprête à recevoir la fumée, inspiration spéciale pour recevoir la fumée, pression dans le thorax, la gorge, le nez…


Enfin, quand toutes ces sollicitations sont au maximum, l'esprit se fixe sur le tabac quelques secondes ou dizaines de secondes, voire une minute ou deux dans l’attente d’en prendre, l’envie est à son paroxysme. C’est à ce moment qu’il faut le plus résister mais c’est bref, puis l’intensité baisse et devient nulle puisque les parties de l’organisme ne trouve pas de correspondance presque immédiate avec les sensations attendues et pour lesquelles elles se préparaient. L’habitude est de les avoir peu de temps après l’envie et non 5, 10 ou 15 minutes après. 


La lutte contre l’envie à son paroxysme est la plus efficace puisqu’on lutte contre l’intégralité des facettes de l’envie du moment, son anéantissement ne laisse aucune partie.


La première envie à laquelle on résiste a pour effet de diminuer l’intensité de la seconde car le cycle envie de fumer-fumer habituel a été rompu une première fois. Résister à la seconde envie diminue l’intensité de la troisième et ainsi de suite jusqu’à l’envie nulle au terme de quelques envies.


Le mieux est de résister à plusieurs envies d’affilée sans une ou plusieurs interruptions à cause d’une envie irrésistible, dans ce cas l’envie sera nulle plus rapidement, il faudra résister à moins de dix envies pour presque tous les fumeurs. 


Dans le cas avec interruptions, ce sera plus lent car chaque fois que l’on fumera, l’envie se ranimera et reprendra un élan, il faudra résister à plus d’envies si on a résisté à une ou quelques envies entre chaque envie irrésistible mais l’envie finira par être nulle. Il est probable que ce soit le cas le plus pratiqué par les fumeurs à cause de la forte puissance de l’envie de fumer et des circonstances variables plus ou moins favorables à l’envie. 


Mémorisez l’intensité de la première envie vaincue pour comparer avec la seconde vaincue, vous saurez alors par vous-même que l’intensité de l’envie a baissé et baissera donc pour les suivantes. Mémorisez aussi la pénibilité de la lutte pour vaincre l’envie et pour ne pas recommencer.

 

La première cigarette après quelques jours ou une période plus longue sans fumer entraînera un certain malaise, une nausée, comparable à la toute première cigarette mais en moins violent puisque la première fois est toujours unique, preuve que les résistances, protections ou « callosités » des parties qui reçoivent la fumée, (odorat, goût, trachée, gorge, bronche, poumons…) ne sont plus actives. 


Quand l’envie est nulle, il est inutile de s’interdire de fumer puisque sans envie on ne fume pas, nous l’avons vu. Nous avons aussi vu qu’il y a quantité d’activités où l’on garde la possibilité de pratiquer car on ne se l’est jamais interdit mais l’envie est toujours nulle, donc on ne pratique jamais.


On peut toujours fumer, si une envie irrésistible revient plus tard, un mois, six mois, un an… lors d’une circonstance favorable, vous pouvez fumer en jetant des cigarettes, vous pourrez arrêter de nouveau, l’envie finira par être définitivement nulle un jour ou l’autre. L’envie de fumer a une pente asymptotique plus ou moins longue suivant le tabagisme de chacun puis est nulle. 


Prenons un exemple avec pente longue, à partir du moment où pour la première fois vous êtes sans réserve de tabac, par exemple le x du mois X, vous fumerez jusqu’au x X de l’année suivante 200 cigarettes tout en jetant des cigarettes, presque rien comparé aux milliers de cigarettes fumées en une année, l’année suivante, 50 ou 100, puis 0 la troisième année. 


Maintenant une pente courte, non exagéré et tout à fait réalisable, vous fumerez 40 ou 60 cigarettes le premier trimestre, puis 0 ensuite. 


La dernière cigarette s’impose d’elle-même, quand on la fume on ne sait pas que c’est la dernière comme on ne savait pas quand on a joué la dernière fois à la bataille, aux billes, à tel jeu vidéo… que c’était la dernière.

 

Quand l’envie de fumer est nulle et que l’on pense à fumer, ce sera de plus en plus rare, fugace, passager, momentané, l’esprit n’est pas envahi et on passe facilement à une autre pensée, contrairement à l’obsession après l’arrêt brutal qui est une idée fixe revenante, tenace, coriace, intraitable, envahissante, d’acier trempé, très difficile de changer d’idée. De même, on pense rarement  à jouer à la bataille, à tel jeu vidéo, à pratiquer tel sport… ou autres activités que l’on ne pratique plus, quand on y pense l’esprit n’est pas envahi par cette pensée et on passe facilement à une autre pensée. 


Au pire, on sera fumeur occasionnel à vie, mais c’est peu probable à cause de la forte contrainte de devoir toujours jeter beaucoup de cigarettes pour en fumer quelques unes. Mieux vaut fumer quelques dizaines de cigarettes par an que fumer cinq ou six mille cigarettes par an à vie, lutter sans fin contre l’envie de fumer après l’arrêt brutal ou rechuter pour fumer comme avant, ou fumer la cigarette électronique qui maintient la dépendance.  


La conscience d’être fumeur et de devoir ne plus fumer peut être représentée par une balance à bascule. Quand on est fumeur le poids est du côté fumeur sans contrepoids de l’autre côté, avec le jet des premières cigarettes, le contrepoids est d’abord léger puis de plus en plus lourd avec le cumul des jets et l’éloignement du tabac, il finit par faire basculer dans le sens de devoir arrêter.
 

 

La nicotine

 

 

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