Méthode LIBERFUMER

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L’amplification du plaisir de fumer arrive aussi quand on subit une longue interdiction de fumer dans un train, un avion, un lieu public, le lieu de travail… plus la fin de l’interdiction est proche, plus le plaisir est amplifié, plus l’envie monte en intensité et devient irrésistible. 


On voit souvent plusieurs fumeurs qui fument dès la sortie du lieu où c’est interdit de fumer (centre commercial, gare…), le plaisir de fumer est amplifié pendant l’interdiction, ils ne sont pas prêts à attendre une minute de plus, fumer est urgent. C’est à peu près la même montée en intensité de l’envie juste avant de rechuter, sauf que c’est nous même qui levons l’interdiction de fumer.  

 

Si après un temps assez long, un an, deux ou plus, tous les ex-fumeurs qui n’ont pas encore rechuté lèvent l’interdiction de fumer, il est alors possible de fumer ou de ne pas fumer. Si l’envie est nulle grâce à l’interdit, ils ne fumeront pas, mais comme l’envie a été régulièrement amplifiée par l’interdit pendant ce temps, elle existe et incite à fumer, ils fumeront ou rechuteront tous, ou quasiment tous si on admet quelques exceptions, c’est seulement l’interdit qui les maintient dans le non-tabagisme et non l’envie nulle. 


J’ai rechuté presque trois ans après l’arrêt brutal lors de congés, l’envie revenait sans cesse, j’ai lutté des dizaines ou centaines de fois, il était impossible de l’anéantir. Elle revenait plus fortement lors de circonstances plaisantes comme les congés, une fête… qui sont favorables à plus de plaisir, donc au plaisir de fumer; les circonstances déplaisantes qui crée de l’angoisse, de l’impatience, du stress… sont aussi favorable car on allège la pénibilité du moment par le plaisir de fumer, reste les circonstances ordinaires qui ont moins d’influence sur l’envie, on est dans le creux de la dent de scie. 


Ce n’est pas une vie  normale de lutter sans cesse contre l’envie de tabac, on a toujours un pied dans le tabagisme et deux ou trois orteils de l’autre pied quand la circonstance est plus favorable, et lutter contre l’impossibilité de fumer c’est vouloir faire bouillir une pierre. 


Il n’est pas exceptionnel que l’on connaisse des ex-fumeurs tant ils sont nombreux, des millions. J’en ai connu trois qui avaient envie plusieurs années après lors de circonstances favorables à l’envie, dont un plus de vingt ans après lors d’une fête avec de nombreux fumeurs, la circonstance « fête avec des fumeurs » a magnifié le plaisir, l’envie s’est réveillé bien qu’elle paraissait éteinte. 


Les aides subordonnées à l’arrêt brutal (traitements à la nicotine, hypnose, médicaments, la méthode d’Allen Carr -sorte d’autohypnose- acupuncture, laser, subliminal…) ne peuvent rien contre l’impossibilité de fumer et donc contre l’augmentation de l’envie liée à l’impossibilité. Cependant elles peuvent avoir un peu de force et un effet placebo qui rassure et facilite la lutte contre l’envie, mais elles ont un fin à court terme et il faut ne plus fumer à vie, on se retrouve exposé à la rechute comme ceux qui ont arrêté sans aide, les courbes de rechute se rejoignent à terme¹. 

 

Si l’aide a une force propre en dehors de l’effet placebo, elle est faible puisqu’elle est indirectement ou par accident contre l’envie comme l’arrêt brutal. La preuve la plus forte est que si on ne s’impose pas l’arrêt brutal, on continuera de fumer et on abandonnera l’aide au lieu du tabac qui a une force très supérieure, ce sont des médecines d’eau douce, pas plus efficace que boire un verre d’eau.


Si le fumeur faisait de l’hypnose, de l’acupuncture, du laser... pour avoir envie de fumer, alors faire des séances de ces disciplines contre l’envie serait directement contre l’envie, mais il n’en fait jamais. 


Si le fumeur prenait une dose de nicotine pure pour avoir envie de fumer, alors la diminution de la dose prescrite par les laboratoires serait directement et essentiellement contre l’envie, mais il ne prend jamais de dose dans ce but. 

 

La cigarette électronique n’annule pas l’envie de tabac car les sensations sont inférieures à celles du tabac et renvoient à celles meilleures du tabac, le moins bon renvoie au meilleur, de plus c’est une dépendance et un coût à vie. Si les sensations sont meilleures, alors on arrête le tabac sans effort comme une meilleure qualité de tabac fait abandonner sans effort la qualité fumée jusqu’à présent, on retombe dans le même problème de la dépendance et du coût à vie mais de manière plus aiguë puisque c’est meilleur, et on a toujours envie de fumer quelque chose.


Nous verrons plus profondément le problème de la nicotine dans le chapitre suivant, voyons la conclusion maintenant. Le tabagisme n’est pas une dépendance à la nicotine comme c’est dit par les laboratoires mais une dépendance au tabac logiquement démontrée dans ledit chapitre.


Par conséquent, ce n’est pas une diminution de la dose de nicotine qui peut annuler l’envie de fumer,  mais, en correspondance avec la dépendance au tabac, une diminution ou annulation des éléments propres du tabac, principalement la diminution de la quantité de cigarettes par paquet à fumer et l’annulation de la proximité du paquet par l’éloignement. 


Si la diminution de la dose de nicotine annulait l’envie, il ne serait pas nécessaire de s’imposer l’arrêt brutal puisque quand l’envie est nulle nécessairement on ne fume pas, or disent les laboratoires dans la notice du traitement, il faut se l’imposer, sinon, ce qu’ils ne disent pas cette fois, on continuera de fumer.

 

 

1 Voir « Les échecs du sevrage tabagique » de F. Lebargy dans La revue du praticien Médecine générale, t. 23, no 824, Juin 2009, graphique p. 436.   

 

 

 

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