Méthode LIBERFUMER

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Quand vous êtes sans réserve de tabac et que vous résistez à une envie, les parties de l’organisme (goût, odorat, trachée, gorge…) qui sont à l’origine du plaisir de fumer ne trouve pas le plaisir habituel correspondant à l’envie de fumer, il y a donc une rupture de l’habitude. Par conséquent pour l’envie suivante, les parties se sont pas dans l’attente automatique du plaisir comme avant, il est possible que le plaisir ne vienne pas, ce qui a pour effet de diminuer l’attente des parties, donc l’envie est diminuée et ainsi de suite jusqu’à l’envie nulle.


Les parties ne demandent plus rien et ne créent pas l’envie, il ne faut donc pas s’interdire de fumer, c’est a priori paradoxal mais en accord avec de multiples exemples du même genre.  


Nous avons quantité d’activités où, sans passer par l’interdiction, l’envie a existée, diminuée puis est devenue nulle, par exemple, jouer à la bataille, aux billes, aux osselets, à tel jeu vidéo, pratiquer tel sport… si on nous avait interdit de jouer aux billes, aux osselets… on aurait eu davantage envie ! On peut toujours jouer car on ne se l’est pas interdit, mais l’envie est toujours nulle, on ne joue jamais et donc, on n’achète pas de billes, d’osselets… conséquence naturelle et « terminus »  logique. 


Comme ces activités étaient peu enracinées, il a suffi d’autres motifs ou occupations sans grande force pour que l’envie diminue puis soit nulle, comme le tabagisme est très enraciné, il faut la grande force des actions contre l’envie comme l’éloignement du tabac et le jet de tabac.


Apparemment, après l’arrêt brutal, ce devrait être la même chose, quand on résiste à une première envie, l’intensité de l’envie suivante devrait être moindre et ainsi de suite jusqu’à l’envie nulle, si c’était le cas, il n’y aurait pas de rechutes ou peu, 5 ou 10% pour ceux qui n’ont pas attendu l’extinction de l’envie puisque c’est toujours à cause d’une envie que l’on rechute, mais ce n’est pas le cas, près de 90% rechutent à un an avec ou sans aide. Voici ce que dit la Haute Autorité de Santé sur la rechute : 


La  rechute  est  un  des  aspects  essentiels  de  l’addiction,  car  la  dépendance  tabagique  persiste après l’arrêt. Pour cette raison, les addictions sont considérées comme des maladies chroniques. Le  taux  de  rechute  à  6  mois  (>  80%)  est  identique  quelle  que  soit  la  substance  considérée (amphétamine, cocaïne, héroïne, alcool ou tabac). ¹


« La dépendance tabagique persiste après l’arrêt », c'est-à-dire l’envie de fumer.  


En fait, après avoir résisté à une envie, l’envie suivante peut revenir au même niveau d’intensité, les intensités sont en dents de scie irrégulières, plus ou moins hautes suivant que les circonstances sont plus ou moins favorables à l’envie, mais sans baisse régulière vers l’envie nulle, pourquoi ? 


L’impossibilité ou l’interdiction de fumer après l’arrêt brutal crée une augmentation de l’envie de fumer car l’interdit fait barrage à la réalisation du plaisir de fumer, alors le plaisir est idéalisé, magnifié et donc amplifié, il paraît meilleur qu’en réalité, il est comme la boule de neige qui grossit en dévalant la pente.  


Comme l’intensité de l’envie est en relation directe avec l’intensité du plaisir espéré, amplifié dans ce cas, l’envie est augmentée. Chaque nouvelle envie bute sur l’interdit, l’idéalisation du plaisir et l’augmentation de l’envie reviennent sans cesse. 


Il ne peut y avoir de diminution régulière vers l’envie nulle puisque l’augmentation fait barrage et domine l'absence de sensations des parties de l'organisme car il y a remémoration et actualisation des sensations par l'amplification du plaisir, ce même des années après l’arrêt car chaque envie est comme un relais ou un pylône de remontée mécanique qui relie au départ de la remontée, au jour de la dernière cigarette, on ne peut l'oublier. 


Chacun a quantité de souvenirs anciens de plusieurs années ou décennies, que la mémoire, actualisée pour tel ou tel motif, nous fait revivre sans relais comme si c'était hier, avec une chaîne de relais c'est beaucoup plus vif. 


Ce phénomène d’amplification sans cesse revenante n’existe pas avec cette méthode puisqu’on pourra toujours fumer, l’envie ne bute pas sur l’interdiction de fumer qui n’est pas contraire à l’envie (elle est contre fumer mais pas contre l’envie, si elle l’était, l’envie diminuerait puis serait nulle), mais bute sur la volonté d’anéantir l’envie avec les actions répétées du jet de cigarettes et de l’éloignement du paquet de cigarettes qui sont véritablement contraires à l’envie ou contre l’envie. Il y a nécessairement une différence et grande puisque l’envie subsiste ou est anéantie, ce ne peut être égal, impossible. 


Face à l’interdiction de fumer on obéit et on ne fait rien contre l’envie de fumer, on est donc passif vis-à-vis de cette partie du tabagisme, alors que l’action contre l’envie a beaucoup de force à condition qu’elle ait une relation directe avec le but poursuivi. 


L’envie de fumer peut cependant paraître nulle pendant un moment, au creux de la dent de scie, notamment lors des circonstances ordinaires, puis une circonstance plus favorable comme une fête, un congé, une angoisse… ranime le plaisir et l’envie du plaisir, le cycle recommence. 


L’envie de fumer augmentée et l’impossibilité de fumer sont en conflit, chacun voulant s’imposer en hissant le drapeau noir, ce qui crée une guerre intérieure avec une escorte de sentiments négatifs : angoisse, stress, anxiété chronique, inquiétude, irritabilité, violence, pessimisme, traumatisme de ne plus pouvoir fumer à vie… peur de fumer ou de la rechute et peur de ne pas tenir l’engagement de ne plus fumer à vie.


L’envie est nécessairement augmentée alors que l’impossibilité de fumer n’est pas absolument nécessaire, c’est une option, on peut y renoncer, le drapeau blanc ne peut venir que de là et c’est la rechute. On ne rechute pas suite à un léger caprice mais suite à une véritable souffrance. 


Prenons un exemple mieux connu de tous, être privé de dessert idéalise le dessert, on a plus envie de dessert que si on n’en n’était pas privé. L’envie peut aller jusqu’à l’obsession aiguë, l’esprit est envahi par cette pensée et la lutte est très difficile, ceux qui sont privés d’une drogue dure peuvent aller jusqu’à des actions violentes pour se la procurer, l’envie de fumer amplifiée ne va pas à ces extrémités, mais il n’y a qu’un petit pas pour la rechute.

 

1https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2014-01/argumentaire_scientifique-_arret_de_la_consommation_de_tabac.pdf

 

 

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